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Amours en bagages

Une étude des affects en Gare

Les quais de gares sont sujets à un imaginaire très riche, et pourtant marqué par des poncifs. Les adieux et les retrouvailles sont régulièrement mis en scène dans les films, dans les photographies, dans les livres... Nous avons pu observer une exposition de photographies installée gare de Lyon qui proposait des clichés réalisés par les voyageurs eux-mêmes1. Dans les photographies sélectionnées, nous avons pu remarquer des récurrences permettant d'identifier certaines représentations communes. Les quais étaient systématiquement privilégiés pour mettre en scène avant tout des couples hétérosexuels blancs d’une trentaine d’année (Sur environ 25 photos, 6 seulement mettent en scène autre chose qu'un couple hétérosexuel blanc âgé entre 20 et 35ans!). Leurs attitudes étaient relativement pudiques et discrètes, tout en voulant refléter d'intenses sentiments profonds. Enfin, le temps semblait comme suspendu, ces couples étant à la fois sur le départ ou à l'arrivée (présence du train à côté le plus souvent) mais jamais pressés. Dans un autre style, la dernière publicité de Varilux, intitulée « le héros moderne »2 utilise également cette image du couple hétérosexuel blanc mis en scène dans des retrouvailles sur un quai de gare. Un homme d’une quarantaine d’année retrouve sa compagne qui descend d’un train. Ils s’embrassent dans une scène où le public semble absent. Qu’il s’agisse de la publicité ou de la photographie, les attitudes sont marquées par une retenue liée au passage de nombreux voyageurs ou bien le public disparaît de la scène. Par ailleurs, nous remarquons que les voyageurs sont désencombrés de leurs bagages, portent des vêtements léger et ne semblent pas perturbés par le temps qui passe, et qui semble pourtant être une question essentielle lors d’un départ ou d’un arrivée dans un lieu de passage comme une gare. Tous ces détails tendent à donner un aspect irréel à ces scènes.


Ces exemples sont des mises en scènes construites pour l’appareil ou la camera. Elles transmettent une image typée des affects qui ont lieux dans les gares. Ces images nous ont interpellés quant à la nécessité de mettre en scène ces affects. Les gestes, les postures, les attitudes que l’on observe sont-elles spontanées ou sont-elles influencées par le regard d’un public, en l’occurrence, les usagers de la gare ?
Par ailleurs, les photos laissent entrevoir de rapports de genre de type Goffmaniens, dominé par la galanterie. Ces rapports sont-ils vérifiés dans la réalité ?


Dans une première partie, nous développerons les méthodes, les outils théoriques et d’observations ainsi que la problématique posée. Dans une seconde partie, nous étudierons le contexte de la gare comme lieu de manifestation des affects. Nous montrerons en quoi nous pouvons le considérer comme un espace scénique. Dans une dernière partie, nous observerons les rapports de genre dans les affects selon le prisme de la galanterie Goffmanienne.

SOMMAIRE

Introduction


I. Observer le genre des affects en gare : enjeux théoriques et méthodologiques


1. Outils théoriques : l'expression genré des affects dans un espace semi-public contraint


a. Un lieu public : genre et urbanité en sociologie
b. Un lieu semi-public : une mise en scène des affects ?
c. Un espace contraint : densité humaine et proxémie


2. Problématique : quelles contraintes de genre dans un lieu semi-public de mise en scène des relations intimes ?


3. Méthodologie


a. L’objet : les interactions intimes lors des retrouvailles
b. Les outils : photos, prises de notes, croquis
c. L'observation in situ


II. La gare comme espace scénique pour les retrouvailles : un espace public genré ?


1. Le contexte de la gare Montparnasse
a. L’environnement et le quartier de la gare
b. Le public de la gare


2. Un espace scénique contraint par le regard propre aux espaces publics et à l'agencement
a. La foule comme spectateur
b. La foule comme contrainte scénique


3. Un espace scénique genré?
a. Comparaison avec la gare du Nord
b. Un espace scénique genré ?


III. Une production du genre à l'occasion des retrouvailles


1. Séquentialité des retrouvailles et expression des affects
a. Séquentialité et codification des retrouvailles
b. Une différenciation des séquences selon les formes et le degré des relations intimes
c. Et selon les contraintes : obstacles et flux


2. Critères sociaux et distribution de "rôles" hiérarchisés
a. La hiérarchie des âges
b. Et des positions familiales


3. Des rôles genrés : hétéronormativité et arrangement des sexes
a. L'hétéronormativité
b. Galanterie masculine et expressivité féminine
c. La mise en concurrence des rôles : nuances à l'arrangement des sexes


Conclusion
 

Coécrit avec Angèle Fouquet

© 2016 par Nathalie Fournasson. Créé avec Wix.com

On se retrouve :

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